Le 20 novembre 

de Lars Norén

Le 20 novembre 2006, Sébastian Bosse, un jeune homme de 18 ans, commet un massacre dans son lycée à Emsdetten avant de se donner la mort. Il a préparé sa « petite révolution » avec ses « petits moyens » pendant deux ans. Il a « tout ce qu'il faut, le couteau, la ceinture de dynamite, des bombes fumigènes, des armes qu'on charge par le canon, le fusil, des munitions pour toute une ville » . Il a tout planifié, tout filmé, tout noté dans son journal. Tout est prêt à être diffusé sur internet. C’est à partir de ce journal intime que Lars Norén écrit Le 20 Novembre.
 

Texte :  Lars Norén
Mise en scène : Alexandre Zeff
avec Camille De Sablet
Création lumière : Sébastien Roman
Création son : Jean-Baptiste Droulers
Costume : Sylvie Barras

Le specatclé a été joué au Théêtre de la loge, à Confluences et au Théâtre-Studio d'Alfortville.

« Dans 1 heure et 12 minutes
Si ma montre ne déconne pas
Si aucune montre ne déconne
Là, ce sera l'heure
Mon heure »

Le 20 Novembre, Lars Norén

Note d'Intention

« Je préfère un théâtre où le public se penche en avant pour écouter à celui qui se penche en arrière parce que c’est trop fort. » 

Lars Norén

Sébastian est seul maître à bord, la mise en scène comme un équipage dévoué doit se mettre à son service et ce quelles que soient les directions qu’il choisit, même les plus improbables, sans les juger.
Mon rôle et d’être à l’écoute de Sébastian à travers le prisme violemment poétique de Lars Norén. « Quand vous êtes assis au théâtre et que vous regardez ce qui se passe sur scène, vous n’avez pas de défense. Il n’y a pas d’échappatoire. Vous devez affronter la réalité. » Lars Norén.
Il s’agit d’une prise de pouvoir, d’un putsch théâtral. Non le spectateur n’est pas libre de dormir ou de discuter avec son voisin.
Non il n’est pas libre de regarder où bon lui semble ou de fuir discrètement.
La scène n’est pas ici un lieu démocratique.
Il faut coûte que coûte déclencher une prise de conscience. Quelque chose doit se débloquer dans nos crânes. Tous les moyens doivent être employés dans ce but car pour Sébastian :

« C’est la guerre, vous m’avez déclaré la guerre Et dans la guerre il se passe des choses désagréables
Désagréables
Oui
C’est vrai »
Il s’agit alors de mettre en place une stratégie de mise en scène.

Plutôt que d’attaquer immédiatement l'histoire de manière frontale, c'est une atmosphère hypnotique qui renverse une à une les barrières de notre conscience pour atteindre la zone libre de nos cerveaux, la zone où tout est encore possible.
Telle une lame aiguisée, la beauté de Sébastian fascine, sa voix délicate caresse les peaux et lentement ses mots viennent se loger dans nos corps soudain brûlants.
Ainsi c’est une très jeune actrice qui donne corps à son esprit. Sa féminité amplifie la surprise de sa violence et la rend d’autant plus puissante qu’elle est inattendue et rare.
La beauté ensorcelante d’une jeune actrice et l’horreur de la barbarie sanglante, complice de la même folie, favorise l’écoute du chant tragique de Sébastian.
Chaque regard se pèse, chaque geste se calcule, pas de place pour le sens hasardeux. Les moments d'apparente improvisation ne sont qu’impressions, qu'éclairs d'un moment instantané de vie devant soi.
L’humour permet d’abattre certaines résistances et de saisir le spectateur méfiant. Le rire apparaît soudain effroyable et dénonce le malaise latent. « C’est une bonne chose si les gens rient parce que ça ouvre. Le rire permet parfois d’aller plus profondément. » Lars Norén.
Sébastian/son actrice  garde un coup d’avance et anticipe les moindres mouvements de l’adversaire même les plus imprévisibles.
« Seulement les mots » indique Lars Norén à ses acteurs. Épuration des gestes naturalistes. Concentration sur ce qui doit être perçu. A travers le corps tenu de l’acteur les mots transpercent jusque dans nos crânes sans rien pour les ralentir.

PRESSE

« On ne peut sortir indemne d’un tel spectacle tant les questions se pressent et demeurent sans réponse. Cette œuvre forte de Lars Noren est servie par une comédienne exceptionnelle avec qui nous devrons désormais compter. »

Laurent Schteiner, Théatres.com

« Camille de Sablet s’impose avec une puissance de déflagration dévastatrice (...). Une pépite stylisée et déchirante à ne pas rater. »

Hier au théâtre

« Alexandre Zeff ne nous épargne guère, et suit les pas de Lars Norén en n’octroyant aucune échappatoire au spectateur, qui doit affronter la réalité. La scénographie épurée, à l’image de ce texte dépouillé, nous glace le sang. »

Hélène Merlin, Les Trois Coups

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